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Artiste en résidence : Rahan Crao

LE SITE

 

Il s'agit d'un massif boisé situé sur la commune de LAVARDIN - un des plus beaux villages de France - avec plusieurs éléments  remarquables :

- 2 oppidii romains,

- les fondations d'un fort romain avec contreforts en croix sur une base carrée de 20 m de côté,

- une rivière sèche se poursuivant en canyon au départ d'une source alimentant les douves du château,

- une cavité creusée dans le tuffeau (ancienne carrière),

- un ermitage creusé à flanc de coteau.

 

 

LES PROJETS À COURT ET MOYEN TERME 

 

Le GR

L'objectif est d'étendre le parcours du chemin de Grande Randonnée qui vient d'être recadastré et de rendre accessibles des patrimoines enfouis dans les boisements à l'arrière du château de Lavardin.

 

Le parcours LANDART

Les structures envisagées seront de petite ou de grande envergure, avec une durée de vie variable, de l'éphémère à la décennie. 

 

Les Espaces Scéniques

En complément du Parcours Land Art et château de LAVARDIN, des espaces scéniques sont prévus pour une programmation culturelle compatible avec le plein-air.

Lieux pressentis :

- la '"plaine" du château,

- le Fort

- le Nid

 

Le Nid

Artistes en résidence : Lauriane Stengers et Arnaud Montmajour

Street Art Project : Before Aleph Tango

Before Aleph Tango by L. Stengers & A. Montmajour

« Multitude, solitude : termes égaux et convertibles », aux dires de Charles Baudelaire. Cette conjonction est réinterrogée par Lauriane Stengers et Arnaud Montmajour avec Before Aleph Tango qui forme une oeuvre de "Virtual Street Art" où la rencontre du visible et de l'imprévisible est revendiquée.

 

Les chemins non concomitants du présent et de l’avenir, du nom étrange et de son étrange écho, jalonnent ce dispositif qui problématise la question de la lente attention au lent écoulement du temps. Dans le monde d'aujourd'hui, réglé sur des horloges décisionnelles cadencées en millisecondes, cette "leçon de choses" est scandaleuse, elle est le scandale même, car elle s'attaque aux structures les plus profondes des sociétés et des empires dont le socle tient à la négation de la métamorphose, et dont le mythe est celui de l"éternel détour", acte de croyance qui permet de revenir ad libitum à la case départ, comme si rien ne changeait, comme si rien ne s'altérait.

 

Les images sont ici preuves silencieuses et impératives. Elles sont porteuses d’une interrogation "bio-poétique" : à qui ressemblerait cette homme ou cette femme d’un autre temps qui porterait ce nom et hanterait ce lieu ?

 

Porter cette interrogation, cette interrogation déroutante, n'a rien à voir avec un passe-temps inutile et gratuit. La réponse est imprévisible et invite à la relation vitale avec le prochain, fut-il le produit de l'humanité à venir, inatteignable, disjointe de la nôtre.

 

Les références chronologiques qui figurent sur les frises scripturales relèvent d'époques et de périodes avant "Aleph Tango". L'enjeu n'est pas une déambulation dans une quelconque contrée fictionnelle (ou pire encore : prophétique) mais de proposer un paysage entaillé, balafré par des interstices où du futur pourra apparaître, où l'avenir pourra advenir.   

Ainsi Before Aleph Tango offre à chacun l’opportunité de ne pas faire l’économie des fêtes galantes avec l’imaginaire, à cette heure où précisément le caractère dominant, répressif et implacable de l'économie nous conduit à rompre avec tout devoir festif.

 

L'inscription de Before Aleph Tango dans l'« extension » du land art n'est donc ni fortuite ni sans conséquence. Elle exprime l'idée (mieux, l'expérience) que notre regard, notre regard personnel, peut fertiliser le futur.

 

Car notre imaginaire, son penchant inconditionnel pour le surgissement, son accointance première avec la liberté, constituent l'humus du futur : chaque échouage à dire le futur, à jauger sa profondeur, à estimer sa fragilité, à évaluer sa distance avec les formes canoniques du monde dans lequel nous vivons, lui donne peut-être la faculté de s'inventer, de se compromettre à loisir dans les fissures de la discontinuité.